Le nom de domaine, c’est l’adresse de votre entreprise sur internet : boulangerie-martin.fr, atelier-dupont.com. Vous allez l’écrire sur vos devis, votre véhicule, votre vitrine, l’épeler au téléphone, l’utiliser pour votre adresse e-mail. Autant bien le choisir dès le départ : en changer plus tard est possible, mais toujours un peu coûteux en visibilité et en réimpressions.
Voici les règles simples pour choisir un bon nom de domaine, et les pièges à éviter.
Qu’est-ce qu’un nom de domaine, exactement ?
Un nom de domaine se compose de deux parties :
- le nom lui-même (atelier-dupont) ;
- l’extension (.fr, .com, .bzh, .paris…).
On ne l’achète pas définitivement : on le loue, généralement par période d’un an renouvelable, auprès d’un registraire (un bureau d’enregistrement agréé). Tant que vous le renouvelez, il reste à vous. Si vous oubliez, il peut être racheté par quelqu’un d’autre.
Règle n° 1 : partir du nom de votre entreprise
Le choix le plus naturel est le nom commercial de votre entreprise, celui qui figure sur votre enseigne et vos documents. C’est celui que vos clients connaissent et tapent dans Google.
Si ce nom est déjà pris, ou trop générique, ajoutez :
- votre métier : dupont-menuiserie.fr ;
- votre ville : dupont-bordeaux.fr ;
- ou les deux si nécessaire, tant que cela reste court.
Règle n° 2 : court, simple, facile à dicter
Faites le test du téléphone : dictez votre nom de domaine à quelqu’un. S’il doit vous faire répéter, ou s’il hésite sur l’orthographe, le nom n’est pas idéal. Évitez :
- les noms trop longs : au-delà de trois mots, on se trompe ;
- les orthographes ambiguës : « ph » ou « f », lettres doublées, mots anglais mal connus ;
- les chiffres (« 4 » ou « quatre » ?) ;
- les tirets multiples : un tiret pour séparer deux mots passe bien, trois deviennent pénibles.
Règle n° 3 : les accents, plutôt non
Les noms de domaine avec accents existent (café-dupont.fr), mais ils posent encore des soucis : certains logiciels de messagerie les affichent mal, et beaucoup de gens tapent spontanément sans accent. Préférez la version sans accents (cafe-dupont.fr). Si votre nom contient un accent important, vous pouvez réserver les deux versions et rediriger l’une vers l’autre.
.fr, .com ou autre : quelle extension choisir ?
| Extension | Pour qui | À savoir |
|---|---|---|
| .fr | Entreprises qui travaillent en France | Extension nationale, très bien identifiée par les clients français |
| .com | Activité internationale, ou si le .fr est pris | Extension la plus répandue au monde, souvent déjà prise |
| .bzh, .alsace, .corsica… | Entreprises attachées à une région | Fort ancrage local, moins connues hors de la région |
| .paris, autres villes | Entreprises très liées à une ville | Disponibilité variable selon les villes |
| Extensions génériques (.shop, .pro…) | Cas particuliers | Moins mémorisées par le grand public |
Pour une entreprise locale française, le .fr est presque toujours le meilleur choix : il est familier, rassurant et indique clairement que vous êtes en France. L’extension en elle-même n’apporte pas d’avantage magique dans Google ; c’est la confiance et la mémorisation qui comptent.
Si votre budget le permet, réservez aussi la version .com et redirigez-la vers votre site principal : vous évitez qu’un concurrent ou un opportuniste ne l’utilise.
Faut-il mettre des mots-clés dans le nom de domaine ?
Un nom du type plombier-pas-cher-bordeaux.fr était une technique répandue il y a quelques années. Ce n’est plus une bonne idée :
- Google accorde peu de poids aux mots-clés dans le nom de domaine ;
- un tel nom fait peu professionnel et se mémorise mal ;
- il vous enferme : si vous déménagez ou élargissez votre activité, le nom ne correspond plus.
Votre nom d’entreprise, éventuellement complété par votre métier, reste la meilleure option.
Vérifier les droits avant de réserver
Avant de réserver un nom, vérifiez qu’il ne reprend pas une marque déposée par quelqu’un d’autre, ou le nom d’une entreprise existante dans votre secteur. Une recherche sur la base des marques de l’INPI et un coup d’œil sur Google limitent les risques de litige.
À l’inverse, si votre nom commercial est important pour vous, envisagez de le déposer comme marque : cela vous protège mieux contre les usurpations.
Le point le plus important : à qui est le domaine ?
C’est le piège le plus fréquent. Un prestataire réserve le nom de domaine pour vous… à son propre nom. Le jour où vous voulez changer de prestataire, récupérer le domaine devient compliqué, voire impossible.
Exigez que :
- le titulaire (le « propriétaire » déclaré) du domaine soit votre entreprise ;
- vous disposiez d’un accès au compte de gestion du domaine, ou au moins d’une procédure claire pour obtenir le code de transfert ;
- les dates de renouvellement soient connues, et le renouvellement automatique activé.
Vous pouvez vérifier le titulaire d’un nom en .fr via le service de recherche de l’Afnic, l’organisme qui gère cette extension.
Combien ça coûte ?
Un nom de domaine en .fr ou .com coûte généralement de quelques euros à une vingtaine d’euros par an. Méfiez-vous des tarifs de première année très bas qui augmentent fortement au renouvellement, et des courriers alarmistes vous proposant de « protéger » votre nom dans des pays lointains à prix d’or : ce sont souvent des démarchages abusifs.
Et l’adresse e-mail ?
Une fois votre domaine réservé, vous pouvez créer des adresses e-mail professionnelles du type contact@votre-entreprise.fr. C’est un vrai plus pour votre image. Nous y consacrons un article : créer une adresse e-mail professionnelle.
En résumé
- Partez du nom de votre entreprise, complété si besoin par le métier ou la ville.
- Court, sans accents, facile à dicter.
- Le .fr pour une entreprise française, le .com en complément si possible.
- Pas de bourrage de mots-clés.
- Le domaine doit être à votre nom, avec un accès et un renouvellement automatique.
Prochaine étape : le contenu de votre site. Notre guide de création de site pour les TPE vous accompagne.
Questions fréquentes
Puis-je réserver un nom de domaine sans avoir de site ?
Oui. Vous pouvez réserver votre nom de domaine dès maintenant pour le protéger, et créer le site plus tard. Pensez à activer le renouvellement automatique.
Que faire si le nom que je veux est déjà pris ?
Vérifiez d’abord s’il est réellement utilisé. Sinon, ajoutez votre métier ou votre ville, ou choisissez une autre extension. Évitez les noms trop proches d’une entreprise existante, sources de confusion.
Peut-on changer de nom de domaine plus tard ?
Oui, en mettant en place des redirections de l’ancien vers le nouveau pour ne pas perdre les visiteurs et le référencement. Mais cela demande du travail : mieux vaut bien choisir dès le départ.